Le bon coeur, de Michel Bernard, éd. La Table ronde

Né en 1958 à Bar-le-Duc, Michel Bernard réalise une carrière dans l’administration publique. Sa bibliographie, riche d’une dizaine de titres désormais, montre un fort attachement à l’histoire et la géographie françaises. Après deux biographies remarquables, Les forêts de Ravel (La table ronde, 2015) et Deux remords de Claude Monet (2017), primé par les libraires et la critique, il revient sur ses terres natales en dressant le portrait d’un personnage emblématique de l’histoire de France : Jeanne d’Arc.

Il faut une certaine audace pour entreprendre la biographie d’une figure qui a déjà suscité tant de passion dans le domaine littéraire, cinématographique et politique. Tout comme son héroïne, Michel Bernard ne vise pas à l’exceptionnel mais apporte sa pierre à cet édifice tout en pudeur, avec détermination et talent.

Ainsi qu’en témoignent les deux citations en épigraphe (Jules Michelet et Christine de Pizan), Michel Bernard s’inscrit dans une riche tradition hagiographique. Le titre est d’ailleurs inspiré du mot de Michelet : « Elle […] eut une action par la vive lumière qu’elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon cœur. »

Sur le plan historiographique, le récit de Michel Bernard est très neutre. Le livre commence au printemps 1429 alors que Jeanne (soutenue par « l’opinion publique » de la ville, qui croit en elle) essaie de convaincre le seigneur de Baudricourt de l’introduire auprès de Charles de Valois. Il se termine avec son procès, deux ans plus tard, et son exécution le 30 mai 1431. L’enchaînement des événements, très brusque, sert surtout de base pour créer une roman historique extrêmement dynamique où, une fois la folle histoire en marche, on ne reprend plus son souffle. Michel Bernard utilise tous ses talents de conteur pour donner un rythme au récit dont l’acmé est assez vite atteinte avec la libération d’Orléans puis se ponctue d’espoirs et de déceptions, autant de silences entre les cuivres des batailles. Une grande attention est également portée aux décors de cette épopée. La description des campagnes de l’est de la France est saisissante de vérité et très émouvante.

Le portrait de Jeanne est celui d’une femme qui se distingue bien peu des paysannes de son village. Mais choisie par la Providence, elle montre une volonté de fer à réaliser son destin. Au fil de ses aventures, elle reste proche de ses compagnons de guerre et porte un regard plein d’empathie sur le monde qu’elle découvre. Michel Bernard élude en quelque sorte la question religieuse de la vocation de Jeanne d’Arc en faisant débuter le récit après son adolescence. Il accepte la vocation de façon très respectueuse, en la traitant comme événement déclencheur. Elle est décrite en creux par la réception qu’en ont fait ses contemporains, par la confiance qu’ils ont plus ou moins accordée à cette jeune paysanne convaincue de pouvoir délivrer la France du joug étranger. Et, à nos yeux de lecteurs, cela fait d’autant plus apparaître l’aspect extraordinaire de cet épisode de l’Histoire.

Bien loin des interprétations mystiques qui ont été données du personnage (la dernière en date étant le très étonnant film Jeannette de Bruno Dumont), Michel Bernard offre ainsi la biographie palpitante d’une jeune femme ordinaire au destin exceptionnel.

 

Nuit de la lecture

A l’occasion du 55e anniversaire du traité de l’Elysée sur l’amitié franco-allemande, venez partager une soirée autour de la littérature, de la langue et des spécialités culinaires allemandes !

18h45 accueil-apéro « Bretzel » avec charcuterie et bières allemandes
deutscher Aperitiv mit Brezeln, Aufschnitt und Bier

19h contes de Grimm avec accompagnement musical
Grimms Märchen mit Musikbegleitung
par Blanche Bottara, conteuse et Jean-Marc Moullet, pianiste

20h15 repas offert : buffet chaud de saucisses et autres spécialités allemandes
gemeinsames Abendessen : warmes Buffet : Currywurst und andere deutsche Spezialitäten

21h00 lectures poétiques bilingues en musique
zweisprachige poetische Lesungen mit Musik

22h00 dessert : gâteaux allemands : strudel, forêt noire…
Nachtisch : deutsche Kuchen : Strudel, Schwarzwälder Kirschtorte…

Entrée libre, merci de vous inscrire pour le repas !

Rencontre et dédicace avec Gilles Vincent

Dimanche 10 décembre, de 10h à 19h

Gilles Vincent sera à L’escampette pour dédicacer son dernier polar jeunesse Dans les eaux troubles du Loch Ness qui paraît le 7 décembre aux éditions Paul & Mike. Il présentera également Ce pays qu’on assassine, polar pour adultes paru aux éditions In8 en février.

Atlas historique de Pau

Notre ville bénéficie désormais de son atlas historique ! Un ouvrage qui passionnera tous les Palois.

Atlas historique des villes de France – Pau. Éditions Ausonius, novembre 2017. 30€

Cinquante et unième volume de la collection de l’Atlas historique des villes de France, l’Atlas historique de Pau relève d’un programme Région intitulé : « Les villes-têtes de l’Aquitaine : approches historique, cartographique et comparative », et visant à la réalisation des atlas historiques (selon le modèle établi pour celui de Bordeaux en 2009) de cinq villes de rang urbain supérieur à l’échelle régionale (Agen, Bayonne, Mont-de-Marsan, Pau, Périgueux), ainsi que d’un 6e volume d’analyse spatiale comparative. Second à paraître de la série, l’Atlas historique de Pau, élaboré par une équipe scientifique de 18 intervenants, renouvelle profondément les connaissances sur une cité qui a suscité un intérêt certain quoique assez limité de la part des érudits et des historiens. À partir des données archéologiques nouvelles et d’un dépouillement systématique des archives communales et départementales concernant Pau, la formation de l’espace urbain, des origines médiévales à nos jours, après une étude approfondie des périodes plus anciennes, y est retracée selon trois perspectives complémentaires : le Plan historique, établi à partir du cadastre de 1812, la restitue cartographiquement, alors que deux parties de commentaires en donnent les clés de lecture, tant d’un point de vue global et diachronique (p.1 : Notice générale) qu’à l’échelle de chacun des monuments (p. 2 : Sites et monuments).

Source : éditions Ausonius.

L’événement Socrate

Apéro-philo autour du livre mercredi 27 septembre à 18h30.

En 399 av. J-C., Socrate est condamné à mort par la respectable cité d’Athènes. Comment ce modèle démocratique en est-il venu à exécuter «le meilleur, et aussi le plus sensé et le plus juste» des hommes (Phédon) ? Épisode fameux de l’Athènes classique, la condamnation du philosophe devient le péché originel de la démocratie et donne naissance à la figure de l’intellectuel victime de l’obscurantisme.
Paulin Ismard mène une enquête fouillée et captivante sur l’événement qu’a constitué le procès de Socrate, et sur l’écho ininterrompu qui l’a suivi. Éclairant avec rigueur les raisons historiques de sa condamnation – la subversion socratique résidait tant dans les positions politiques du philosophe que dans son mode de vie et sa pédagogie -, l’auteur scrute ensuite les multiples lectures qui l’accompagnent : des Pères de l’Église aux sans-culottes, de Diderot à Maurras, tous, jusqu’à nos jours, ont observé leur époque au prisme de Socrate.

Les apéros philo de L’escampette
Tous les mois environ, Dimitri Desurmon, professeur de philosophie dans un lycée palois, propose de s’intéresser à un ouvrage de philosophie marquant de l’actualité. Ces recensions servent à initier un débat autour des concepts philosophiques abordés.