La rentrée à L’escampette

Bonjour à toutes et à tous,

Le souffle vivifiant de la rentrée littéraire s’est emparé de la librairie et a bouleversé nos tables ces dernières semaines ! C’est une rentrée riche, variée, avec de nombreux « poids lourds » de la scène littéraire (Emmanuel Carrère, Muriel Barbery, Erri de Luca, Ted Chiang en science-fiction, Deon Meyer en polar…) mais aussi des premiers romans et des publications plus confidentielles qui nous ont émerveillés (Que sur toi se lamente le Tigre d’Emilienne Malfatto aux éditions Elyzad, La Tannerie de Célia Levi aux éditions Tristram ou encore La Géante de Laurence Vilaine chez Zulma). Nous avons hâte de vous en parler de vive voix et d’avoir vos retours de lecture.

Si, après beaucoup d’hésitations, nous avons décidé de ne pas programmer de rencontres à la librairie cet automne, nous participerons au festival de littérature noire et policière « Un aller-retour dans le noir » qui se tiendra les 2,3 et 4 octobre aux Halles de Pau et à la médiathèque André Labarrère (et non plus sur le boulevard des Pyrénées !). Vous trouverez le programme ici. Venez nombreux !

En cette période étrange d’incertitude, nous vous remercions encore de votre soutien. Malgré les masques et les règles de distanciation, nous avons toujours à cœur de défendre les valeurs des librairies indépendantes : la proximité, le conseil, la singularité.

À très bientôt,

Les libraires
Aline, Jérôme et Bertrand


Rencontre avec Sébastien Sanchez, enseignant et auteur de Arenitis (éd. L’Harmattan)

Jeudi 22 octobre à 18 heures
À l’Atelier Canopé 64
12 Chemin Salié à Pau

Rencontre avec Sébastien Sanchez à l’Atelier Canopé 64 (Pau) autour de son livre Arenitis : sur les sables de l’exil républicain espagnol (éd. L’Harmattan). Entrée libre et ouverte à tous, mais pensez à réserver auprès de Canopé au 05 59 30 23 18. Le livre est disponible à la vente à la librairie et nous serons présents lors de la rencontre pour une séance de dédicaces.
L’auteur : 
Sébastien Sanchez est né en 1969 à Orléans. Petit-fils de réfugié, il obtient à quarante ans la nationalité espagnole dans le cadre de la loi sur la mémoire historique. Professeur de lettres, il exerce actuellement au collège Jeanne d’Albret de Pau.
Cet événement s’inscrit dans un nouveau dispositif de l’Atelier Canopé, « De l’autre côté du prof », qui propose des rencontres avec des enseignants du département qui viennent partager leurs passions créatives en dehors de la classe.
Quelques mots sur le livre…
À travers un récit tissé d’anecdotes douces-amères, Sébastien Sanchez nous raconte la grande et les petites histoires de la guerre d’Espagne, et quels hommes elle a façonnés sur plusieurs générations. En couverture, c’est un document d’époque qui nous ouvre les portes de la fiction : le portrait d’un soldat républicain par un de ses frères d’armes. Le regard à la fois sévère et rieur donne le ton du récit, et l’exécution même du dessin, racontée dans le livre, a des allures d’art poétique : « un dernier coup de crayon, une hachure grisâtre sur la veste, à l’épaule gauche, juste pour donner la profondeur, et ne pas faire trop propre ». L’auteur signe ici un premier roman juste et réjouissant, où l’on ne trouvera pas un deuil qu’une chanson n’apaise, pas une tristesse qu’un ami ne déride.
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Rencontre avec Serge Legrand-Vall autour de son roman Reconquista (éd. In8)

Jeudi 12 novembre 2020 à 18h
Médiathèque André Labarrère (Pau)

Dans son dernier roman, Reconquista (éditions In8), Serge LegrandVall évoque la Révolution de 1936 à Barcelone, l’accession au pouvoir des Généraux puis de Franco, les débuts de la Guerre d’Espagne, la Retirada, et la fameuse opération Reconquista par laquelle les Républicains ont tenté de libérer l’Espagne en traversant les Pyrénées, en 1944. Le roman retrace l’itinéraire de Matéu, ancien flic barcelonais ayant emprunté les routes de l’exil avant de rejoindre les Résistants de l’opération Reconquista dans le Val d’Aran. Si l’opération se solde par un échec, l’errance de Mateu à travers les Pyrénées lui fournira les moyens d’un retour à la vie inespéré.

L’écrivain s’est considérablement documenté en compulsant la presse catalane des années 1930 lors d’une résidence d’écriture à Barcelone. Il évoque des faits assez peu connus, notamment la guerre interne à la gauche, instrumentalisée par les grandes puissances (URSS), qui a abouti à de nombreux assassinats politiques à Barcelone entre 1936 et 1937.

Reconquista, de Serge Legrand-Vall
éditions In8 – 304 pages – 19,90 euros
sélection Prix du Roman historique 2020
sélection Prix du Roman pyrénéen.

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On a lu, on a aimé…

Une femme surgit dans un village de montagne à la recherche d’un homme disparu. De loin, Noële, herboriste solitaire, l’observe, la suit, s’immisce dans l’histoire de l’autre pour en modifier le cours. Dans un décor grandiose de montagne, Laurence Vilaine nous emmène sur les chemins escarpés du mensonge, des vies fantasmées et de l’amour. On s’y égare avec plaisir, portés par une écriture sobre et habitée.

La Géante, Laurence Vilaine, éditions Zulma, 192 pages, 17,50€

 

Pastiche de thèse littéraire, l’ouvrage de Tiphaine Le Gall glose autour d’un très célèbre roman paru en 2050 et qui a révolutionné le monde de l’art : L’œuvre absente, 200 pages… blanches. Un canular très réussi, sur un ton plus sérieux qu’Art de Yasmina Réza auquel on peut penser, qui brille par ses analyses tant sur cette œuvre fictive que sur la littérature classique française (d’excellents passages sur Flaubert en particulier). Avis aux amateurs de critique littéraire !

Une ombre qui marche, Tiphaine Le Gall, éd. L’arbre vengeur, 200 pages, 14€

 

Premier roman choc qui se lie en un souffle. Une famille irakienne où règne le code d’honneur. Les voix de chacun de ses membres s’unissent en un chœur tragique et majestueux. Un texte publié par Elyzad, maison d’édition tunisienne véritable défricheuse de talents.

Que sur toi se lamente le Tigre, Emilienne Malfatto, éditions Elyzad, 80 pages, 13,90€

 

 

Un récit envoûtant sur fond de catastrophe écologique. Ambiance trash, mélange des genres, drogues et rock’n roll ; les amateurs de science-fiction apprécieront la superposition des plans temporels aussi maîtrisée que dans les livres de Christopher Priest ; si vous vous intéressez à l’Amérique centrale, il s’agit de la première traduction en français d’un livre d’une des icônes de la littérature caribéenne actuelle, musicienne par ailleurs. Bref, un texte foisonnant à découvrir !

Les tentacules, Rita Indiana, Editions Rue de L’échiquier, 192 pages, 17€

 

Une magnifique fresque historique à l’écriture exigeante qui nous plonge dans l’effervescence des cabinets d’architectes de Budapest à la Belle époque. A travers la trajectoire ascensionnelle d’un jeune apprenti, le roman peut aussi se lire comme une réflexion sur l’ambition, l’audace et le poids des empires avant leur effondrement.

Art nouveau, Paul Greveillac, Gallimard, 20€, 286 pages.

 

Vous pensez avoir mis les pieds dans un roman de science-fiction paranoïaque et absurde. Sauf qu’il s’agit d’une chronique… Avant et au cœur de la crise sanitaire qui nous occupe, Alexandre Labruffe, qui a séjourné plusieurs fois en Chine, nous embarque dans un récit éclaté, sorte de documentaire foldingue et intérieur d’une civilisation qui marche sur la tête. Inquiétant et cocasse !

Un hiver à Wuhan, Alexandre Labruffe, éditions Verticales, 112 pages, 12€

Quelques livres pour la jeunesse…

Un imagier grand format avec des pages qui se déplient pour nous faire découvrir de magnifiques dessins à la gouache. La richesse de la nature, la variété des teintes et la précision du trait à la portée de tous ! Dès 2 ans.
L’imagier des couleurs de la nature, Pascale Estellon, 19,50€

 

 

 

Un album sur la musique, les départs, et l’espoir… Sublime ! Pour voir quelques pages sur le site de l’éditeur : https://editionsdeux.com/produit/le-barrage/
Dès 5 ans (et jusqu’à 103 ans, c’est si beau !).
Le Barrage, David Almond, Levi Pinfold, éd. D’eux, 16€

 

 

Un roman drôle et surprenant, où se mêlent les voix des quatre personnages : Boris, un homme amoureux de sa voisine ; Chilpéric, le petit garçon du dessous ; Odilon, un corbeau qui parle ; et Asia, une fille sans coeur. Une histoire menée tambour battant, pleine de fantaisie et de tendresse, par les éditions Courtes et longues qui ont publié l’an dernier le très chouette Bienvenue à Oswald de Célia Garino. Dès 10 ans.

À cœur ouvert, Marie-France Zerolo et Élisabeth Benoit-Morelli, éd. Courtes et longues, 16,90€.

 

Difficile de passer à côté du dernier Timothée de Fombelle, grand auteur de romans pour la jeunesse (et pas seulement d’ailleurs, son livre Neverland paru récemment nous avait aussi beaucoup plu !)… Vous avez sans doute entendu parler d’Alma dans la presse, nous l’avons lu et on vous le confirme : il est très très bien, allez-y !!! Premier volet d’une trilogie, c’est un nouveau roman captivant plein d’aventures, de suspense et d’émotion, de finesse dans les descriptions, de précision dans la reconstitution historique, avec un soupçon de magie… Pour lecteurs jeunes et moins jeunes à partir de 11 ans.

Alma, Timothée de Fombelle, éd. Gallimard jeunesse, 18€.

Quelques livres printaniers pour les plus petits (0-3 ans)

Sur le nez du chiot, une sauterelle… Haïkus pour les quatre saisons de Rodoula Pappa et Seng Soun Ratavahn, éd. Cambourakis, 14€

Quatre saisons et une nuit d’été de Rotraut Suzanne Berner, éd. La Joie de Lire, 29,90€

Printemps de Leo Lionni, éd. Ecole des Loisirs, 8€

L’air du printemps, Jo Witek, Emmanuelle Halgand, éd. Père Castor, 12,90€ (livre + CD audio)

Les insectes de mon jardin, Adeline Ruel, éd. Père Castor, 9,50€

Dans l’herbe, Yukiko Kato, Komako Sakai, éd. Ecole des Loisirs, 8€

La guerre des salamandres, Karel Capek, éd. Cambourakis

La guerre des salamandres de Karel Capek, avant d’être l’un des ouvrages marquants de la science-fiction au XXe siècle (c’est à Capek que l’on doit l’usage du terme « robot »), est un formidable pamphlet sur l’arrogance humaine et les errements du monde moderne. En 1935, l’écrivain tchèque dénonçait avec brio le capitalisme et l’impérialisme ambiant et montrait comment une guerre peut se préparer sourdement, dans les profondeurs de l’océan.

Résumé par l’éditeur :

Les « Salamandres » de Capek sont secrètement parvenues, parallèlement à l’homme, à un degré d’évolution presque comparable. Ce sont de braves créatures peuplant discrètement, à l’abri des requins, certains hauts-fonds de nos côtes maritimes. L’homme (en la personne truculente du Capitaine Van Toch) les découvre d’abord au large de l’Indonésie, sur une petite île sauvage. Ce sont des êtres paisibles, corvéables à merci et même comestibles. Asservies, exploitées, les salamandres finiront cependant par se révolter, initiées en cela par la pensée marxiste et sensibilisées aux droits accordés aux ouvriers. Emportées par leur élan, ces dernières découvriront alors l’impérialisme, le nationalisme, grignotant peu à peu l’habitat terrestre, nos côtes s’effondrant dans leurs océans. Succéderont-elles alors à l’homme, seules maîtresses d’un globe aquatique, imitant celui-ci jusque dans sa manie d’autodestruction ? « Alors que la situation mondiale se présentait on ne peut plus mal sur le plan économique et pire encore sur le plan politique, j’eus l’occasion d’écrire la phrase suivante : «Ne pensez pas que l’évolution qui a abouti à notre vie soit la seule possibilité d’évolution sur cette planète.» C’est cette phrase qui est coupable, c’est l’origine de la guerre des salamandres. » (Karel Capek)