Croire aux fauves, Nastassja Martin, éd. Verticales

Un récit très fort, des confins du Kamchatka aux salles d’opération de la Pitié Salpêtrière, qui interroge notre rapport à la nature et à la modernité.

Croire aux fauves, Nastassja Martin, éditions Verticales, 12.50€

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Bienvenue à Oswald, Célia Garino, éd. Courtes et longues

Chiméri va bientôt avoir 11 ans, et alors qu’elle visite un château avec ses parents historiens, elle se perd en suivant une lueur étrange dans les jardins. Soudain, le sol se dérobe sous ses pieds, l’obscurité l’engloutit. Elle arrive à Oswald, monde parallèle à la magie fascinante mais quelque peu dangereux pour les humains qui y tombent… Car Chiméri n’a pas passé le test d’amnésie, elle est donc coincée à Oswald, traquée par les autorités qui veulent l’envoyer au cachot ! Commence alors une course-poursuite où, aidée de ses amis de la confrérie des Opprimés, la jeune héroïne va faire l’expérience du pouvoir de l’imagination pour atteindre la liberté.
Un magnifique roman pour les 10-13 ans, un univers merveilleux plein de trouvailles, qui rappelle à la fois Alice au pays des merveilles et les films d’animation japonais de Miyazaki (en particulier Le Voyage de Chihiro). Une petite pépite !
Bienvenue à Oswald, Célia Garino, éditions Courtes et longues, 16,90€
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La valse sans fin, Mayumi Inaba, éd. Picquier

Les éditions Picquier, spécialisées dans la littérature asiatique, avaient déjà publié d’Inaba Mayumi (1950-2014) : 20 ans avec mon chat et La péninsule aux 24 saisons (prix Tanizaki au Japon), des livres assez contemplatifs, à l’écriture délicate et intime. Cette année est sorti La valse sans fin, un livre au sujet beaucoup plus dur mais où s’exprime tout le talent de cette formidable écrivaine japonaise. Elle y raconte l’histoire d’un couple d’artistes qui ont défrayé la chronique dans les années 70, Suzuki Izumi et Abe Kaoru, l’une écrivaine, l’autre saxophoniste de free jazz, les deux déchirés par la drogue. Le point de vue est celui de la jeune femme et il est troublant parfois d’avoir un tel sentiment d’intimité avec l’héroïne qu’on en oublie l’auteure, et qu’on a l’impression de lire un récit personnel. Raconter la vie de personnages médiatiques, au destin extraordinaire, tragique, de telle façon est rare et, ici, magistralement réussi. Un livre marquant, et une auteure contemporaine à découvrir.

La valse sans fin, Inaba Mayumi, éditions Picquier, 14€

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Zébu boy, Aurélie Champagne, éd. Monsieur Toussaint Louverture

Un de nos grands coups de cœur de la rentrée littéraire ! Un roman haletant qui nous fait traverser Madagascar pendant l’insurrection nationaliste de 1947. Une langue riche, métissée, qui nous plonge de manière extrêmement habile au cœur de cette page sombre de l’histoire coloniale française.

Zébu boy, Aurélie Champagne, éditions Monsieur Toussaint Louverture, 19.90€

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Et c’est comme ça qu’on a décidé de tuer mon oncle, Rohan O’Grady, éd. Monsieur Toussaint Louverture

Let’s Kill Uncle est l’histoire de deux jeunes trublions, Barnaby et Christie, qui débarquent sur une paisible île canadienne et préméditent ensemble le meurtre d’un oncle… lui-même occupé à planifier leur assassinat. Ce classique de la littérature nord-américaine du XXe siècle, réédité cette année par Monsieur Toussaint Louverture, procure d’emblée un plaisir double. Le plaisir esthétique déclenché par un style satirique très maîtrisé, un peu patiné certes mais plaisant jusque dans l’évocation des noirceurs du cœur humain. Et le plaisir intellectuel des questionnements moraux ou psychologiques que les situations et les caractères inventés par Rohan O’Grady ne manquent pas de susciter.

Un doute subsiste lorsque la dernière page est tournée : on ne sait trop s’il faut considérer (et recommander) ce roman comme un ouvrage destiné à la jeunesse – les deux personnages principaux sont des enfants – ou comme un livre pour adultes – les sous-entendus sont nombreux et supposent des compétences de lecture bien assises. Mais si ce point demeure indécidable, c’est peut-être précisément parce que la romancière ne cesse d’interroger les frontières commodes que nous dressons entre les mondes de l’enfance et de l’âge adulte. Les anciens se distingueraient-ils de leurs cadets par un plus haut degré de rationalité ? Il y a lieu d’en douter lorsque les époux Brooks, qui accueillent Barnaby sous leur toit, le chérissent comme une réincarnation de leur fils défunt emporté par la guerre, ou lorsque le très respecté sergent Coulter sème au vent sa correspondance amoureuse. Les enfants se distingueraient-ils de leurs aînés par leur plus grande innocence ? Rien n’est moins sûr : le projet criminel du duo adolescent relève peut-être de la légitime défense sur une île où personne ne les prend au sérieux, mais on ne voit pas ce qui pourrait justifier les moyens qu’ils envisagent…

Un roman malicieux qui pourra donc surprendre et combler de nombreux lecteurs, jeunes et moins jeunes !

Aventures dans les Caraïbes, Henry Pitman, éd. Anacharsis

Traduite pour la première fois en français, l’incroyable histoire vraie qui a inspiré Daniel Defoe pour Robinson Crusoé ! Jeune chirurgien quaker capturé après une bataille perdue lors d’une rébellion en Angleterre, Henry Pitman fut envoyé comme prisonnier politique à l’île de la Barbade en 1685. Quatre ans plus tard, il publiait à Londres le récit de sa captivité et de son évasion vers une île déserte.
Ce roman d’aventures vraies nous plonge ainsi au beau milieu des Caraïbes, parmi les déclassés captifs, insoumis ou réprouvés échoués dans les colonies sucrières, tout un monde interlope aux sources de la mythologie exotique de la piraterie.

A noter : l’introduction très éclairante de Sophie Jorrand (qui est aussi la traductrice) et Frantz Olivié sur le contexte politique de l’Angleterre de la fin du XVIIe siècle ; passionnant !

Aventures dans les Caraïbes, Henry Pitman, éd. Anacharsis, 2019. 17€

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La Femme aux cheveux roux, Orhan Pamuk, éd. Gallimard

L’écriture classique d’Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature 2006, nous enchante dans ce conte qui croise le destin d’un jeune garçon et les évolutions de la Turquie contemporaine. Le jeune Cem, après que son père a quitté le foyer, doit travailler auprès d’un maître puisatier dans la banlieue d’Istanbul pour payer son entrée à l’université. La relation quasi filiale qu’il tisse avec le maître, la rencontre d’une femme plus âgée à la chevelure rousse, et surtout le drame qui va survenir durant cet été va marquer durablement sa vie. Un grand roman sur la filiation, les choix individuels et la liberté.

La Femme aux cheveux roux, Orhan Pamuk, Gallimard, mars 2019. 21€.

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Nino dans la nuit, de Capucine et Simon Johannin (éditions Allia)

Gros coup de cœur pour ce roman écrit à quatre mains, un texte foudroyant sur l’itinéraire de Nino Paradis, jeune précaire de 20 ans, dont la vie est, comme son nom ne l’indique pas, semblable à une galère nocturne qui vogue à la recherche d’un coin de terre ferme. De la Légion étrangère au trafic de bijoux volés, en passant par les petits boulots en supermarché, Nino survit et observe la société de son regard acéré et ses mots toujours justes. Armé de solides amitiés et de l’amour fou qui le lie à la belle Lale avec qui il partage sa vie, Nino nous emporte dans sa fureur de vivre et d’aimer, et nous offre un regard inédit sur une certaine jeunesse.

Nino dans la nuit, Capucine et Simon Johannin, éditions Allia, janvier 2019, 14€.

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L’appel, de Fanny Wallendorf (éditions Finitude)

Fanny Wallendorf passe la barre haut la main pour son premier roman : une biographie évocatrice de Richard Fosbury, le premier sauteur à regarder les étoiles. Un livre magnifique sur les émotions sportives et les passions de jeunesse, évoquées avec beaucoup de délicatesse. Décidément, les éditions Finitude sont un vrai découvreur de talents.

L’appel, Fanny Wallendorf, éditions Finitude, 22 euros.

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L’île aux troncs, Michel Jullien, éditions Verdier

Faire un roman sur une communauté de culs-de-jatte, anciens combattants de la Deuxième guerre mondiale exilés dans le nord de l’URSS, il fallait oser… Et il fallait avoir le talent de Michel Jullien, qui de son écriture très travaillée, s’amuse des héroïsmes et des systèmes qui les fabriquent. Partant d’une réalité historique tragique, il en fait un roman loufoque qui rend hommage aux oubliés et célèbre l’amitié sincère et joyeuse.

L’île aux troncs, Michel Jullien, éditions Verdier, 14€.

Tsin-Line, Virginie Sanchez, éditions Balzane

Pour les amoureux de la nature, et des chevaux en particulier ! L’histoire fabuleuse de Tsin-Line, fille de l’empereur mongol Gengis Khan, ou comment le contact étroit avec le cheval peut aider l’enfant à grandir et à s’épanouir. Un texte sensible porté par des illustrations magnifiques.

Par l’illustratrice (tarbaise) des Trois grains de riz (éd. Père Castor).

A partir de 7 ans en lecture accompagnée / 9 ans en lecture seule

Tsin-Line, Virginie Sanchez, éditions Balzane, 25 euros.

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Terres promises, Milena Agus, éditions Liana Levi

L’auteure de Mal de pierres nous emmène encore une fois en Sardaigne dans ce très beau roman sur la quête de bonheur et l’illusion des lointains meilleurs. Une ode subtile aux optimistes, un livre lumineux.

 

 

 

 

 

 

Note de l’éditeur :

La terre promise, tout le monde la cherche. Pour Raffaele, de retour en Sardaigne juste après la guerre, elle se situe sur le Continent. Mais une fois là-bas, Ester, sa jeune épouse, a le mal du pays, elle qui était pourtant si pressée d’en partir… Alors la famille y retourne. Leur fille, Felicita, s’adapte aux humeurs locales et s’initie avec la même conviction au communisme et au sexe. De ses amours naîtra Gregorio, drôle de petit bonhomme qui trouvera sa voie dans la musique. Au fil des ans et des rencontres, ils avanceront dans leurs vies imparfaites, croisant la route d’autres êtres en quête de bonheur. Pour tous, Felicita est l’indispensable pivot. Car à ses yeux les gentils ne sont pas des perdants et la terre promise est au coin de la rue. Une saga familiale décalée, portée par une héroïne qui ressemble comme une sœur à Milena Agus.

Terres promises, Milena Agus, Liana Levi, 15 euros.

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Les limites du langage philosophique, René Daumal, éditions La Tempête

Dans une langue claire et simple, René Daumal entreprend de répondre à l’éternelle question « qu’est-ce que la philosophie ? ». Un magnifique éloge de cette discipline dont les contours sont la vie. Notre livre de philosophie de l’été !

La Tempête est une toute jeune maison d’édition Bordelaise créée il y a deux ans, avec déjà plusieurs excellents titres au catalogue. Nous aurons le plaisir de les recevoir à la librairie en automne.

 

 

 

Note de l’éditeur :

« La philosophie est aussi nécessaire à la connaissance que la carte géographique au voyage : la grande erreur, je le répète, est de croire qu’on voyage en regardant une carte » (René Daumal)

Quelle est la vocation réelle de la pensée philosophique ? Son étymologie, « l’amour de la sagesse », nous rappelle qu’elle n’a pas sa fin en elle-même. Comment a-t-elle pu s’égarer au point de devenir pour la modernité un discours séparé de la vie ? A travers l’étude des premiers textes indo-européens, sanskrits et grecs, René Daumal cherche à retrouver l’usage et le sens d’une pensée qui accompagne et nourrisse véritablement l’existence humaine : « c’est d’ici que part notre pensée, c’est ici qu’elle doit revenir ; mais après quels détours ! » Pas d’enseignement doctrinaire, ni de vérité révélée. Le sens des textes n’est pas à chercher en eux-mêmes mais dans le quotidien et le concret qu’il éclaire pour les rejoindre et s’y résoudre. Il faut réveiller la philosophie de sa torpeur institutionnelle !

Les limites du langage philosophique, René Daumal, éditions La Tempête, 10 euros.

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L’affaire Furtif, de Sylvain Prudhomme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un voilier quitte le port de Lisbonne et file en silence vers le pôle sud ; le monde s’affole. Qui est à bord ? Pourquoi faire sécession ? En a-t-on seulement le droit ? Quand l’équipage débarque sur des îlots glacés de l’Atlantique sud puis saborde le bateau, le public commence déjà à se lasser de l’aventure. Il faudra que des objets portés par les flots réapparaissent dix ans plus tard sur les côtes africaines pour que le monde s’intéresse de nouveau au destin des « fugitifs ».

Un roman savoureux et déroutant sur la liberté, la quête de paix et les travers de nos sociétés du spectacle. Dans un style classique, Sylvain Prudhomme (auteur des romans Les Grands et Légende) mêle habilement poésie, burlesque et ironie.

« Le monde était sur le qui-vive. Partout on veillait, on anticipait, on prévenait. Il n’était plus un doigt dont le remuement ne fût aussitôt prétexte à alarmes, enquêtes, rapports, expertises, contre-expertises. 

Une nuit de novembre, le Furtif prit le large. »

Le bon cœur, Michel Bernard, éd. La table ronde

Né en 1958 à Bar-le-Duc, Michel Bernard réalise une carrière dans l’administration publique. Sa bibliographie, riche d’une dizaine de titres désormais, montre un fort attachement à l’histoire et la géographie françaises. Après deux biographies remarquables, Les forêts de Ravel (La table ronde, 2015) et Deux remords de Claude Monet (2017), primé par les libraires et la critique, il revient sur ses terres natales en dressant le portrait d’un personnage emblématique de l’histoire de France : Jeanne d’Arc.

Il faut une certaine audace pour entreprendre la biographie d’une figure qui a déjà suscité tant de passion dans le domaine littéraire, cinématographique et politique. Tout comme son héroïne, Michel Bernard ne vise pas à l’exceptionnel mais apporte sa pierre à cet édifice tout en pudeur, avec détermination et talent.

Ainsi qu’en témoignent les deux citations en épigraphe (Jules Michelet et Christine de Pizan), Michel Bernard s’inscrit dans une riche tradition hagiographique. Le titre est d’ailleurs inspiré du mot de Michelet : « Elle […] eut une action par la vive lumière qu’elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon cœur. »

Sur le plan historiographique, le récit de Michel Bernard est très neutre. Le livre commence au printemps 1429 alors que Jeanne (soutenue par « l’opinion publique » de la ville, qui croit en elle) essaie de convaincre le seigneur de Baudricourt de l’introduire auprès de Charles de Valois. Il se termine avec son procès, deux ans plus tard, et son exécution le 30 mai 1431. L’enchaînement des événements, très brusque, sert surtout de base pour créer une roman historique extrêmement dynamique où, une fois la folle histoire en marche, on ne reprend plus son souffle. Michel Bernard utilise tous ses talents de conteur pour donner un rythme au récit dont l’acmé est assez vite atteinte avec la libération d’Orléans puis se ponctue d’espoirs et de déceptions, autant de silences entre les cuivres des batailles. Une grande attention est également portée aux décors de cette épopée. La description des campagnes de l’est de la France est saisissante de vérité et très émouvante.

Le portrait de Jeanne est celui d’une femme qui se distingue bien peu des paysannes de son village. Mais choisie par la Providence, elle montre une volonté de fer à réaliser son destin. Au fil de ses aventures, elle reste proche de ses compagnons de guerre et porte un regard plein d’empathie sur le monde qu’elle découvre. Michel Bernard élude en quelque sorte la question religieuse de la vocation de Jeanne d’Arc en faisant débuter le récit après son adolescence. Il accepte la vocation de façon très respectueuse, en la traitant comme événement déclencheur. Elle est décrite en creux par la réception qu’en ont fait ses contemporains, par la confiance qu’ils ont plus ou moins accordée à cette jeune paysanne convaincue de pouvoir délivrer la France du joug étranger. Et, à nos yeux de lecteurs, cela fait d’autant plus apparaître l’aspect extraordinaire de cet épisode de l’Histoire.

Bien loin des interprétations mystiques qui ont été données du personnage (la dernière en date étant le très étonnant film Jeannette de Bruno Dumont), Michel Bernard offre ainsi la biographie palpitante d’une jeune femme ordinaire au destin exceptionnel.

Le bon coeur, Michel Bernard, éditions de la Table ronde, janvier 2018, 20 euros.

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