Quelques livres printaniers pour les plus petits (0-3 ans)

Sur le nez du chiot, une sauterelle… Haïkus pour les quatre saisons de Rodoula Pappa et Seng Soun Ratavahn, éd. Cambourakis, 14€

Quatre saisons et une nuit d’été de Rotraut Suzanne Berner, éd. La Joie de Lire, 29,90€

Printemps de Leo Lionni, éd. Ecole des Loisirs, 8€

L’air du printemps, Jo Witek, Emmanuelle Halgand, éd. Père Castor, 12,90€ (livre + CD audio)

Les insectes de mon jardin, Adeline Ruel, éd. Père Castor, 9,50€

Dans l’herbe, Yukiko Kato, Komako Sakai, éd. Ecole des Loisirs, 8€

La guerre des salamandres, Karel Capek, éd. Cambourakis

La guerre des salamandres de Karel Capek, avant d’être l’un des ouvrages marquants de la science-fiction au XXe siècle (c’est à Capek que l’on doit l’usage du terme « robot »), est un formidable pamphlet sur l’arrogance humaine et les errements du monde moderne. En 1935, l’écrivain tchèque dénonçait avec brio le capitalisme et l’impérialisme ambiant et montrait comment une guerre peut se préparer sourdement, dans les profondeurs de l’océan.

Résumé par l’éditeur :

Les « Salamandres » de Capek sont secrètement parvenues, parallèlement à l’homme, à un degré d’évolution presque comparable. Ce sont de braves créatures peuplant discrètement, à l’abri des requins, certains hauts-fonds de nos côtes maritimes. L’homme (en la personne truculente du Capitaine Van Toch) les découvre d’abord au large de l’Indonésie, sur une petite île sauvage. Ce sont des êtres paisibles, corvéables à merci et même comestibles. Asservies, exploitées, les salamandres finiront cependant par se révolter, initiées en cela par la pensée marxiste et sensibilisées aux droits accordés aux ouvriers. Emportées par leur élan, ces dernières découvriront alors l’impérialisme, le nationalisme, grignotant peu à peu l’habitat terrestre, nos côtes s’effondrant dans leurs océans. Succéderont-elles alors à l’homme, seules maîtresses d’un globe aquatique, imitant celui-ci jusque dans sa manie d’autodestruction ? « Alors que la situation mondiale se présentait on ne peut plus mal sur le plan économique et pire encore sur le plan politique, j’eus l’occasion d’écrire la phrase suivante : «Ne pensez pas que l’évolution qui a abouti à notre vie soit la seule possibilité d’évolution sur cette planète.» C’est cette phrase qui est coupable, c’est l’origine de la guerre des salamandres. » (Karel Capek)

Et frappe le père à mort, John Wain, éditions du Typhon (Prix Mémorable 2019)

Jazz, rébellion et amitiés dans l’Angleterre des années 1940/50

Un livre sorti en Angleterre dans les années 1960 et publié par les jeunes éditions du Typhon qui se sont donné pour mission (entre autres) de remettre en lumière le mouvement littéraire des « Angry Young Men » (Jeunes hommes en colère). Et frappe le père à mort est en effet un livre qui fait entendre la colère et l’aspiration à la liberté d’un jeune Anglais qui s’échappe de son école privée pour vivre pleinement sa passion du jazz dans des clubs londoniens. Roman polyphonique à l’écriture précise et rythmée, il a remporté le dernier Prix Mémorable du groupement des Librairies initiales dont nous faisons partie.

Résumé par l’éditeur :

Après une énième dispute avec son père – un universitaire à la vie austère, Jeremy fugue et arpente un Londres ravagé par les bombardements nazis. Seul et fauché, révolté contre un monde qu’il juge étriqué, il survit grâce à sa passion pour la musique. Vissé à son piano dans un bar enfumé, Jeremy réchauffe les nuits glacées des êtres brisés tout en rêvant de devenir un grand pianiste. Un soir, il fait la connaissance de Percy, un jazzman noir américain. Un rencontre qui bouleverse son existence… mais cette existence sera-t-elle comprise par son père pétri de certitude ? Mené sur un rythme trépidant qui épouse la sensualité du jazz, ce roman interroge les tensions générationnelles avec un regard perçant et serein. Si chaque génération semble toujours perdue aux yeux de la précédente, une trêve est possible quand les pères et les fils reconnaissent qu’ils portent en eux un peu de la souffrance de l’autre.

Le fort, Yves Letort, éd. L’Arbre vengeur (2019)

Un texte magnifique à l’atmosphère étrange… Yves Letort nous emmène dans un ailleurs indistinct où le silence d’un homme seul parti sur les traces d’un disparu se mêle au grondement du fleuve et de la nature tout entière. On pense à Julien Gracq et à Jean Giono à la lecture de ce roman publié par les éditions néo-aquitaines L’arbre vengeur dont nous apprécions particulièrement le travail !

Résumé par l’éditeur :

« Quernand est un officier singulier qui accepte volontiers la mission qu’on lui confie d’aller inspecter un fort aux marches du pays, dans un territoire pris à l’ennemi voisin une décennie plus tôt. Avant lui l’a précédé un autre officier dont on a perdu toute trace. Parti sur les traces de son prédécesseur évaporé, le jeune homme découvre une région d’une grande pauvreté où les quelques soldats présents sont plus des figurants que des militaires, où la vie au bord d’un large fleuve se fait lente et passive au point que lui-même renonce à toute contrainte, envahi par le spleen. »

Comment j’ai rencontré les poissons, Ota Pavel

LE livre à lire en temps de confinement ? Un homme se souvient de son père, homme fantasque, vendeur génial (il est représentant commercial pour Electrolux, champion de vente d’aspirateurs !), pêcheur passionné, père de famille enthousiaste… Les anecdotes se succèdent, les années aussi, les personnages traversent l’histoire tragique de l’Europe centrale au XXe siècle, mais le livre reste lumineux, sans mièvrerie aucune, et nous offre une ode à la nature, la tendresse, la vie.

Un texte largement autobiographique devenu un classique en République tchèque, récemment découvert en France grâce au remarquable travail d’une petite maison d’édition, les éditions do.

Il a reçu, lors de sa parution en 2017, le Prix mémorable du groupement des Librairies Initiales dont nous faisons partie.