Théâtre à la librairie, « J’ai traversé la France à pied » avec Jean-Michel Dagory

Après La chute, d’après Camus présentée l’an dernier, une nouvelle soirée de théâtre à la librairie, avec Jean-Michel Dagory, pour son spectacle « J’ai traversé la France à pied ». En 2000, Dagory a traversé la France à pieds, du nord au sud en suivant le méridien de Paris. Tous les jours il s’arrête dans les villages, les écoles, recueille les paroles d’enfants qui racontent leur coin de France… Dagory, comédien que l’on a pu voir au cinéma chez Klapisch ou Greenaway, rejoue sur scène son voyage, sa marche et ses rencontres, dans un spectacle intime et vivant.

« Parti de Dunkerque le 12 Février 2000, j’ai traversé l’hexagone en quatre mois, le long de la Méridienne Verte. 1800 kilomètres à la rencontre des gamins d’une France oubliée. Un jour, j’arrive dans une classe. Comme d’habitude, je demande : « Racontez-moi ce qu’il y a d’exceptionnel dans votre village. Qu’est-ce qu’il y a ici qu’on ne trouve nulle part ailleurs ? » Une petite fille lève un doigt minuscule.… « Il y a quelque chose d’unique dans ton village ? Quoi ? » Elle me répond : « Moi ! »

Comme elle, les quelques 2000 enfants rencontrés dans 80 écoles m’ont confié leurs brèves de cartable, dont voici quelques extraits :

« Ici on a une église romane et une église qui cloche. » – « Mon père est garde-chasse. Ca consiste à vendre des canettes de bière aux pêcheurs. » – « La danse classique c’est gracieux. la danse moderne c’est l’inverse. » – « En france je connais tout : La Tour Eiffel, la Creuse… et voilà ! (un enfant de la Creuse, bien sûr !)) – « Les moines d’ Allogny voulaient qu’il y ait plus de chrétiens. Alors ils ont arrêté de prier et ils sont partis faire des enfants. » – « J’aime pas voir un squelette de poule. Ça me rappelle ma mère… »

Critique de Jean-Pierre Siméon, dans l’Humanité.

« J’ai traversé la France à pied !, de et par Dagory, est le genre de spectacle atypique qui sied au off d’Avignon. Ça se passe dans un lieu  » alternatif  » pour un public restreint mais proche. Ça tient du théâtre avec un zeste de café-théâtre et quelque chose de la  » conterie  » à la Chabrol. Dagory raconte sa traversée de la France, de Dunkerque aux Pyrénées, lui qui se fit durant quelques mois le pèlerin sponsorisé – avec humour – de la Méridienne verte. Son récit, simple et direct, est drôle, souvent émouvant – sans retape – lorsqu’il énonce ce qu’il appelle lui-même les  » brèves de cartable « , mots d’enfants glanés dans les écoles primaires. Au fil des anecdotes, tableautins et notes de voyage, il dresse un portrait alerte, gouailleur, de l’arrière-pays rural avec ses ridicules et ses nostalgies. On sent Dagory investi de son aventure, sincèrement épris de la spontanéité des petites gens. Il ne méprise ni ne sacralise, portant sur les autres et sur lui-même un regard amusé mais lucide sans s’interdire l’ironie.»

Un spectacle joué deux ans à Avignon, à Paris et dans la plupart des grands festivals de Conteurs (« Paroles d’Hiver » à Dinan, « Contes Givrés en Bourgogne », Festivals de Contes de Blois, Vassivière, Pernes les Fontaines, etc.).

Et comme à chaque fois que nous recevons un comédien professionnel, il vous sera demandé une participation au chapeau, libre mais indispensable pour la survie du spectacle vivant.

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